Opel Grandland : ce que la fiche technique révèle (et ce qu’elle cache)

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4,65 mètres de long, 550 litres de coffre, une plateforme partagée avec le Peugeot 3008 et plus aucune motorisation diesel. Le nouvel Opel Grandland lancé en avril 2024 marque une rupture nette avec la version sortante. Sa fiche technique annonce trois familles de motorisations électrifiées, jusqu’à 325 ch et plus de 500 km d’autonomie WLTP. Entre chiffres officiels et réalité au volant, le décalage mérite d’être posé noir sur blanc.

Un SUV qui a pris 17 cm pour mieux concurrencer le 3008

Le Grandland deuxième génération repose sur la plateforme STLA Medium de Stellantis, la même que celle du Peugeot 3008 et du futur Citroën C5 Aircross. Conséquence directe sur les dimensions : 4 650 mm de long (soit 173 mm de plus que la première génération), 1 905 mm de large rétroviseurs repliés et 1 665 mm de haut. L’empattement gagne en générosité avec 2 784 mm, ce qui se traduit par 2 cm supplémentaires d’espace aux jambes à l’arrière.

Le rayon de braquage atteint 10,93 mètres. C’est un point à surveiller en ville étroite, où ce SUV reste plus encombrant qu’un Mokka. Le poids à vide oscille entre 1 675 et 2 207 kg selon la motorisation, l’électrique 4×4 fermant la marche. Avec sa plateforme STLA Medium, le Grandland se positionne entre les Peugeot 3008 (plus court) et 5008 (à 7 places) au sein du groupe.

Trois philosophies sous le capot, mais plus aucun diesel

Le diesel a disparu de la gamme dès l’arrivée de la nouvelle génération. Stellantis a tranché. Seul le 1.2 mild hybrid assure l’entrée thermique, le reste passe par la prise.

Hybride léger 1.2 turbo de 145 ch

Trois cylindres essence couplés à un moteur électrique 48 V et une boîte e-DCT6 à double embrayage. Consommation WLTP annoncée autour de 5,5 l/100 km. En usage mixte réel, tabler plutôt sur 6,2 l/100 km, qui grimpent à 7,2 l/100 km sur autoroute à 130 km/h. Avec un réservoir de 55 litres, l’autonomie effective se situe entre 760 et 880 km. Le bémol vient du gabarit : 1 600 kg à mouvoir avec 145 ch et un trois-cylindres audible en relance, notamment au ralenti.

Hybride rechargeable 1.6 de 195 ch

Bloc 1.6 turbo associé à une batterie de 17,9 kWh. Opel annonce 87 km d’autonomie électrique WLTP. En usage quotidien, prévoir 50 à 55 km en mode 100 % électrique. La recharge plafonne à 3,7 kW en AC de série (7,4 kW en option à 400 €), et la recharge DC rapide est tout simplement absente. C’est le point noir face au Volkswagen Tiguan eHybrid, qui propose 50 kW en continu sur borne rapide. Sur un long trajet de 1 115 km mêlant autoroute et urbain, la consommation moyenne se stabilise à 4,6 l/100 km.

Électrique 213 ch (et 325 ch en 4×4)

Batterie de 73 kWh, autonomie WLTP de 520 km, architecture 400 V, recharge DC à 160 kW de pic mesurée sur borne Ionity en plein été (puis charge stabilisée à 80 kW). En conditions hivernales, compter 23 kWh/100 km pour environ 315 km réels. Sur un parcours mixte à températures clémentes, la moyenne tombe à 17,7 kWh/100 km, soit 400 à 420 km utiles. La version AWD Ultimate facturée 53 690 € embarque une batterie de 97 kWh et passe de 0 à 100 km/h en environ 6 secondes.

550 litres de coffre, mais 1 641 litres maxi seulement

Le volume de coffre progresse de 514 à 550 litres sous tablette, et ce sur les trois motorisations, y compris l’électrique. C’est mieux qu’un Renault Austral (430 L) et qu’un Volkswagen Tiguan eHybrid (490 L). Une fois la banquette 40-20-40 rabattue, l’espace passe à 1 641 litres, en très légère régression par rapport à l’ancien Grandland (1 652 L). Le plancher modulable permet d’obtenir une surface plane, utile pour transporter un vélo couché ou une trottinette adulte.

À bord, l’écran central tactile fait 10 pouces sur les versions de base, et l’instrumentation conducteur reste volontairement minimaliste, contrairement au tableau de bord en hauteur du Peugeot 3008. Les sièges sont certifiés AGR (label allemand de santé du dos), avec massage et ventilation disponibles dans le Tech Pack Plus en option. La qualité de finition reste perfectible : plastiques durs sur la partie basse de la planche de bord, assemblages parfois imprécis et matériaux recyclés rêches au toucher sur les habillages de portes.

Edition, GS, Business : 36 200 € pour démarrer, 53 690 € pour le 4×4

Trois finitions structurent la gamme française : Edition (entrée), Business (flottes) et GS (haut de gamme avec sièges chauffants et toit panoramique en option).

Tarifs catalogue de référence :

  • Hybride 145 ch Edition : 36 200 € (à partir de 34 200 € avec offre de reprise réseau)
  • Hybride rechargeable 195 ch Edition : 41 990 € (45 990 € en GS)
  • Électrique 213 ch Edition : environ 40 100 € hors bonus écologique
  • Électrique AWD 325 ch Ultimate : 53 690 €

L’hybride léger se positionne légèrement sous le Peugeot 3008 1.2 Hybrid (38 490 €). L’électrique 213 ch affronte la Tesla Model Y Standard et le MG EHS (39 990 €). Pour les conducteurs qui rechargent à domicile, la version PHEV permet de couvrir un trajet domicile-travail moyen de 30 à 40 km par jour en tout électrique sans toucher à l’essence.

Les pièges à connaître avant de signer

Trois points méritent une vigilance particulière sur la fiche technique du nouveau Grandland.

D’abord, l’absence de recharge DC sur l’hybride rechargeable est un vrai handicap pour qui n’a pas de wallbox à domicile. Recharger 17,9 kWh sur une prise domestique 2,3 kW prend environ 7 à 8 heures.

Ensuite, le rappel KQG (SR/00058/25) concerne les Grandland produits entre le 21 mars 2024 et le 4 décembre 2024 (vis défectueuses sur le support de rotule du bras de suspension avant). Vérifier sur la facture d’entretien que la mise à jour a bien été effectuée par le réseau.

Enfin, un second rappel touche la pompe haute pression sur les modèles fabriqués entre le 21 mars et le 13 septembre 2024 (risque de fuite carburant). Le numéro de série du véhicule (VIN) permet d’interroger le service après-vente Opel pour confirmer ou non l’éligibilité.

À qui s’adresse vraiment ce Grandland ?

Le profil idéal dépend du kilométrage annuel et du mode de recharge disponible. Pour les petits rouleurs urbains (moins de 15 000 km/an) qui rechargent à domicile, la version électrique 213 ch est l’option la plus pertinente, surtout avec bonus écologique. Les gros rouleurs autoroutiers (plus de 25 000 km/an) trouveront dans le mild hybrid 145 ch la solution la plus rationnelle malgré la disparition du diesel, sur une base de 6,5 l/100 km en moyenne réelle. Les familles avec recharge à domicile combinent les deux avantages avec le PHEV 195 ch : 50 km électriques quotidiens et autonomie illimitée en thermique sur les longs trajets.

La fiche technique du nouvel Opel Grandland affiche des chiffres compétitifs pour un SUV de 4,65 m. Reste à confronter ces données aux contraintes pratiques : recharge limitée sur le PHEV, suspensions FSD parfois trop fermes sur petits chocs, qualité de finition en retrait du Peugeot 3008. Avant de signer, exiger un essai d’une heure minimum sur routes dégradées et tronçon autoroutier à 130 km/h.

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