508 007 visiteurs en six jours en 2024, et déjà plus de 60 marques confirmées pour octobre 2026 contre 48 lors de l’édition précédente. Le Mondial de l’auto de Paris signe sa résurrection après la grise édition 2022, où l’absence des grands groupes et un billet jugé cher avaient laissé un goût amer. Du 12 au 18 octobre 2026 à la Porte de Versailles , la 91e édition revient avec un format élargi, l’offensive chinoise amplifiée et un retour massif des constructeurs historiques. Voici les points qui comptent vraiment avant de réserver.
Sept jours, cinq halls et 85 000 m² pour ressusciter le salon
L’édition 2026 se tient du 12 au 18 octobre 2026 au Parc des expositions de la porte de Versailles. Le lundi 12 reste réservé à la presse et aux professionnels , le grand public accède au salon du mardi 13 au dimanche 18. L’événement occupe cinq halls, dont quatre entièrement consacrés aux marques automobiles, soit près de 70 000 mètres carrés intérieurs auxquels s’ajoutent 15 000 mètres carrés en extérieur. À titre de comparaison, c’est une amplitude que le salon n’avait plus connue depuis 2018.
L’effet d’aubaine joue à plein. Le Salon international de l’automobile de Genève a renoncé à son édition 2026, ce qui laisse Paris seule grande vitrine européenne de l’année. Les constructeurs qui hésitaient encore après les annulations de Munich et Genève n’ont plus vraiment le choix. Pour le visiteur, comptez 3 à 4 heures minimum pour faire le tour des halls, une journée complète si vous comptez tester des modèles ou suivre des conférences.
Stellantis géant, retours européens et déferlante chinoise
Stellantis exposera huit marques (Alfa Romeo, Citroën, DS Automobiles, FIAT, Lancia, Leapmotor, Opel et Peugeot) sur un stand de 5 340 m² dans le Hall 6, avec plus de 60 véhicules présentés. Le groupe double quasiment sa taille par rapport à 2024. Renault aligne Dacia et Alpine à ses côtés, Volkswagen reconduit ses quatre marques (VW, Audi, Skoda, Cupra).
Le vrai signal, ce sont les retours. Mercedes-Benz signe son retour après une absence remontant à 2018, accompagné de BMW, Ford et Volvo. Côté asiatique, Hyundai et Kia rejoignent également le tableau des retours. Honda revient avec un stand de 200 m², une première depuis 2018 également.
L’élément le plus marquant reste l’offensive chinoise. Une vingtaine de marques chinoises ont confirmé leur venue, contre neuf en 2022 et en 2024. BYD, GAC, Hongqi, Forthing et XPeng misent sur Paris pour s’installer en Europe. Piège à éviter : ne pas confondre marques. En 2024, les visiteurs reconnaissaient à peine la moitié des logos chinois, et la qualité perçue variait fortement d’un stand à l’autre. Sur certains modèles, l’intérieur fait encore « jouet » pour qui sort d’une Peugeot 3008 ou d’une BMW Série 3.
Une absence pèse lourd. L’absence de Toyota, premier constructeur mondial, est en revanche assumée publiquement par l’organisation. Ferrari et Porsche manquent aussi à l’appel.
Les modèles qui valent vraiment le détour
Plusieurs premières mondiales et européennes justifient à elles seules le déplacement. L’Audi A2 e-tron marque le retour d’un nom culte sur le segment des citadines 100 % électriques, avec une arrivée commerciale attendue à l’automne 2026. Lancia présentera la nouvelle Gamma, qui se dévoilera pour la première fois en France à l’occasion du salon parisien, un retour sur le segment supérieur après des années d’effacement.
Volvo a retenu l’événement parisien pour y présenter l’EX60, son nouveau SUV 100 % électrique. La marque smart y sera avec comme vedette la nouvelle #2, remplaçante de la petite Fortwo. Côté français, la Dacia C-Neo , un break familial hybride pensé pour rivaliser avec le Skoda Octavia à un tarif inférieur, sera au centre du stand Renault. Sur le segment des micro-citadines électriques, la nouvelle Twingo électrique doit viser un tarif sous les 20 000 €.
Pour qui vient préparer un achat, l’intérêt concret est là. Environ 28 % des visiteurs viennent pour préparer un achat dans les 12 mois. Comparer huit citadines électriques sur le même créneau de prix en deux heures reste impossible chez les concessionnaires classiques.
La boucle autonome, vraie première européenne
L’innovation majeure de cette édition ne se passera pas dans les halls. L’organisation annonce une première en Europe dans le cadre d’un grand salon automobile international : des essais publics de véhicules autonomes hors les murs, sur une boucle reliant la porte de Versailles à Issy-les-Moulineaux. La réservation sera indispensable, les places limitées.
Côté essais classiques, prudence. Le salon a réalisé plus de 3 300 essais en 2024, un score qui aurait pu être meilleur si la plupart des constructeurs avaient joué le jeu. Tous les exposants ne proposent pas de véhicules d’essai, et les créneaux des marques populaires partent dans les heures qui suivent l’ouverture de la billetterie. Conseil concret : si l’essai d’un modèle précis est votre priorité, réservez le créneau dès la mise en ligne, pas la veille. Parmi les personnes se rendant au centre d’essais, 60 % ont un projet d’achat dans l’année et 63 % déclarent qu’elles n’auraient pas essayé de voiture dans un autre contexte que celui du Mondial.
Préparer sa visite sans subir la cohue
Le jour choisi change tout. Mardi et mercredi restent les créneaux les plus respirables, avec une affluence parfois divisée par deux par rapport au samedi. Les nocturnes du vendredi et du samedi , jusqu’à 22 h, attirent surtout un public familial et festif, avec une ambiance différente mais des stands phares saturés.
Les tarifs 2026 n’ont pas encore été dévoilés officiellement, mais la grille 2024 sert de repère fiable. Tarif semaine 18 €, tarif week-end 22 €, tarif enfant 10 € en semaine et 12 € en week-end, tarif nocturne 16 €. Le salon est gratuit pour les enfants de moins de 7 ans. Comptez une hausse probable de 1 à 2 € au vu de l’inflation et de l’élargissement du salon à sept jours. Acheter en ligne reste systématiquement moins cher qu’au guichet.
L’accès est simple et la voiture personnelle reste une mauvaise idée. La ligne 12 du métro dépose à Porte de Versailles, les trams T2 et T3a également, et le bus 80 complète le dispositif. L’entrée principale se situe Porte A2, accessible directement depuis le métro, le tram, le taxi ou Velib. Si vous arrivez par le parking P6, comptez 10 minutes de marche jusqu’à l’entrée principale. Pour les visiteurs en fauteuil roulant ou à mobilité réduite, une file dédiée existe à l’entrée principale, carte CMI à présenter.
Dernier piège fréquent : ressortir des halls. Le billet n’est valable que pour une entrée. Une fois sorti définitivement de la zone du salon, le ticket ne permet plus de revenir. Prévoyez sandwich et eau, ou utilisez les espaces de restauration intérieurs, plus chers mais accessibles toute la journée.
Le pari de Paris
Le Mondial 2026 ressemble à un sursaut maîtrisé. La filière a tiré les leçons de 2022 en élargissant les halls, en multipliant les marques et en intégrant des dispositifs concrets comme la boucle autonome. Pour le visiteur, la stratégie utile reste la même : un mardi matin, billet pris en avance, créneau d’essai réservé, métro plutôt que voiture. Le reste s’apprécie. C’est à Paris que se redessine cette année la carte mondiale de l’automobile, entre constructeurs européens qui doivent prouver, marques chinoises qui veulent s’installer et un Toyota qui regarde ailleurs.
