Le nom de code interne « C-Neo » appartient désormais au passé. Le 10 mars 2026, Dacia a officiellement levé le voile sur le modèle attendu depuis trois ans : il s’appellera Striker. Ce break crossover de 4,62 mètres marque le retour du constructeur sur un segment déserté par la concurrence, avec une promesse tarifaire qui fait déjà trembler la Skoda Octavia Combi. Prix de lancement annoncé : sous la barre des 25 000 €. Une équation que personne d’autre ne propose en Europe aujourd’hui. www.autosblog.fr + 4
Du nom de code C-Neo à la signature Striker
Le projet K1320, baptisé en interne C-Neo depuis 2023, a longtemps fait l’objet de spéculations sur son nom commercial. Le dépôt par Dacia du nom « Spacer » début 2026 a brouillé les pistes, avant que la marque ne tranche pour Striker. Le choix s’inscrit dans la lignée des terminaisons en -er propres à la gamme (Duster, Jogger, Bigster) et évoque, selon le constructeur, la force, la précision et l’impact. La présentation extérieure officielle a eu lieu dans le cadre du plan stratégique futuREady du groupe Renault, le 10 mars 2026. L’habitacle complet, lui, sera dévoilé en juin 2026 avant un lancement commercial à l’automne.
Un break crossover de 4,62 m, plus long que le Bigster
Avec 4,62 mètres, le Striker devient le modèle le plus long jamais produit par Dacia. Il fait 7 cm de plus qu’un Jogger et 5 cm de plus qu’un Bigster, tout en reposant sur la même plateforme CMF-B que les Sandero, Clio, Duster et Bigster. Le profil mixe codes du break (lunette arrière inclinée, becquet de toit, hayon vertical) et attributs SUV (garde au sol relevée d’environ 20 cm, barres de toit, protections de bas de caisse). La production démarrera à l’usine Oyak-Renault de Bursa, en Turquie, au second semestre 2026. Contrairement au Jogger qui propose 7 places, le Striker reste un strict 5 places afin de privilégier le confort et l’espace de chargement, avec un volume de coffre attendu autour de 600 à 700 litres en configuration standard.
Hybride, GPL et même 4×4 : trois motorisations au catalogue
Le Striker récupère intégralement la mécanique du Bigster, sans diesel. Trois blocs sont confirmés.
Le 1.2 TCe 140 micro-hybride 48 V, disponible en essence ou en bicarburation GPL (Eco-G 120), associé à une boîte manuelle six rapports ou à la nouvelle boîte automatique double embrayage DW23.
Le 1.8 Full Hybrid 155 chevaux, avec boîte automatique multimodale, déjà testé sur le Bigster. La consommation annoncée tourne autour de 5,0 l/100 km, mais l’usage réel grimpe plutôt à 6,0 à 6,5 l/100 km dès qu’on enchaîne les portions autoroutières.
Le Hybrid-G 4×4 150 chevaux, combinaison inédite d’un 1.2 GPL et d’un moteur électrique Ampere de 31 ch et 87 Nm positionné sur l’essieu arrière. Cette configuration assure une transmission intégrale sans cardan, et autorise jusqu’à 800 à 900 km d’autonomie cumulée essence + GPL.
Aucune version 100 % électrique n’est annoncée pour l’instant. Dacia mise délibérément sur l’hybride accessible pour conserver des coûts maîtrisés et éviter la dépendance à la recharge.
Un prix qui bouscule la Skoda Octavia Combi et la Golf SW
Le tarif d’attaque s’établit vraisemblablement à 24 990 €, soit la finition Essential. À titre de comparaison sur des breaks à puissance comparable : le Kia K4 Sportswagon démarre à 29 890 € avec 115 chevaux, tandis qu’une Octavia Combi débute à 29 840 €. La Toyota Corolla Touring Sports Hybrid se négocie autour de 31 000 €.
L’écart oscille donc entre 5 000 et 10 000 € pour un gabarit comparable, voire supérieur. Le piège classique reste cependant l’équipement de série. L’équipement du Striker d’entrée de gamme s’annonce plus modeste que celui de ses rivaux : sellerie tissu basique, jantes acier, capteurs de stationnement avant absents, pas de toit panoramique. Pour bénéficier de l’écran tactile 10 pouces, d’Apple CarPlay/Android Auto sans fil, du régulateur adaptatif et des aides GSR2, il faudra viser les finitions intermédiaires Expression ou supérieures Extreme, autour de 28 000 à 29 000 €. Un Bigster GPL équivalent se positionne déjà sur cette base.
Pour qui est vraiment fait ce break ?
Trois profils d’acheteurs émergent clairement.
Les familles qui rejettent le SUV trop massif ou la berline trop basse y trouveront un volume de chargement supérieur de 30 à 40 % à celui d’une compacte classique de type Peugeot 308.
Les artisans et professionnels mobiles qui parcourent plus de 25 000 km par an profiteront du couple GPL/hybride pour ramener le budget carburant sous 7 € aux 100 km, soit la moitié d’une motorisation essence pure équivalente.
Les anciens clients de Mégane Estate, Focus SW ou 308 SW retrouveront enfin un break thermique abordable, alors que ces modèles ont disparu des catalogues ou basculent vers l’électrique.

À l’inverse, ceux qui visent une auto richement équipée dès la base regarderont plutôt vers une Octavia Combi d’occasion récente, mieux fournie en série pour un budget similaire. Et les conducteurs qui font moins de 10 000 km par an n’amortiront pas l’écart de prix entre le Full Hybrid 155 et le simple 1.2 mild-hybrid 140.
Pour conclure
Le Striker arrive sur un terrain quasiment vide. Mais l’enthousiasme suscité par le prix d’appel ne doit pas faire oublier l’écart d’équipement avec la concurrence allemande. Comparer la finition réelle, et pas seulement le tarif catalogue, reste l’arbitrage clé. Pour les profils gros rouleurs, la version GPL 4×4 risque d’être l’offre la plus rentable à l’usage, avec un coût au kilomètre divisé par deux face à un Bigster essence. Pour les autres, le Bigster déjà disponible mérite un essai croisé : 5 cm de moins en longueur, mais une carte SUV mieux assumée, et une décote moins agressive sur le marché de l’occasion.
